« Vivre avec l’espoir est une vie qui en vaut bien d’autres »

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Il est de l’espoir comme des signes. On s’y accroche ou pas. Trois mois jour pour jour après l’attentat de Nice, le ciel pleurait à sa façon les victimes venues l’admirer un soir de feu d’artifice, déchaînant ses éléments comme sa colère devant l’injustice. Signe ou non, l’hommage qui leur était rendu le lendemain se voilait d’un soleil léger, symbole d’une tristesse qui ne passera pas mais comme prenant les lueurs de l’espérance. La cérémonie du 15 octobre, à laquelle le Député-Maire Jean-Claude Guibal assistait pour représenter tous les Mentonnais, a marqué les esprits par sa dignité. Par son émotion surtout, quand résonnèrent les 86 noms portés par des roses, blanches de leur innocence. Par sa révolte sourde aussi, en écho aux paroles d’une chanson de Julien Clerc. Trois mois plus tard, la douleur des familles n’est pas atténuée mais la Nation, et à travers elle chaque Français, se tenait à leurs côtés. Pour partager leur peine et prendre une part, forcément modeste, de leur insupportable fardeau. C’est peut-être cela, être « utile », à sa façon et sans fatalisme mais avec détermination. Puisque l’on parle de signes, on pourrait en voir l’illustration dans ce numéro ; dans les actions de ceux qui se confrontent aux aléas de la nature ou qui l’accompagnent sur le chemin de vies nouvelles. Les signes sont là où l’on choisit de les voir… Comme l’espoir. Dit autrement, si ce dernier « est une mémoire qui désire », alors ne nous retenons pas d’espérer, quel que soit le poids de l’épreuve passée, pour que demeure toujours le souvenir de ceux qui ne sont plus là. Du devoir de mémoire à celui de vivre, sachons par cet espoir susciter l’étincelle en chacun de nous, et garder ainsi la flamme de tout un peuple.