En toutes choses, du quotidien comme celles qui forgent une vie, on se rassure de décider avec raison. Après mûre réflexion. Soupesant la logique et délayant le pour du contre. On se convainc que ses choix furent guidés par la pensée, laquelle, « âme de la vie » on le sait bien, ne peut qu’être conseillère éclairée. On revendique de ne rien céder au hasard, même s’il l’emporte souvent, et moins encore à l’humeur que les Français, de par leurs ancêtres dont il ne faut pas dire qu’ils étaient gaulois, ont pourtant faite leur.

Autant de principes qui se trouvent remis en question par les hochements de société dont notre monde a désormais le secret. Dans ces moments-là, la logique n’est plus rationnelle, le libre-arbitre cède à la bien-pensance et les repères bougent. L’imprévu, reflet de notre propre condition face au destin, s’impose et l’on blâme le hasard – qui n’y est pour rien car l’imprévu est parfois l’évidence que l’on refusait de voir…

Les prochains jours, ces mots auront peut-être quelque résonance. Ils signifient qu’à trop chercher des explications, on verse vite dans le commentaire. Or les commentateurs sont déjà bien assez nombreux. Mieux vaut s’en tenir aux faits, dont celui-ci : chaque usage a ses
raisons. Il faut l’entendre et comprendre celui des Français, qu’ils ont exprimé encore une fois de diverses façons. Qu’ils l’aient fait par dépit, ras-le-bol ou par conviction, la participation aux élections, plus élevée que ce que l’on nous prédisait, a démontré que la démocratie reste ce moment essentiel où la raison de l’usage peut croiser celle du cœur.

Et lorsque ce dernier y gouverne, il devient… raisonnable de croire encore en l’avenir.