Le Campanin silencieux jusqu’au printemps. Une nécessité pour restaurer la petite cloche et construire un nouveau beffroi en chêne massif.

Les 30 et 31 octobre, dans le cadre de la restauration de la basilique Saint-Michel Archange, Bruno et Sébastien, campanistes de métier, ont descendu les trois cloches du campanile, affectueusement appelé Campanin par les Mentonnais.

Une opération menée de main de maître par ces deux spécialistes, garants d’un savoir-faire ancestral qui, encore de nos jours, ne se transmet que sur le terrain. Il n’existe en effet aucune école ni aucune formation pour devenir campaniste. Ce démontage était nécessaire, entre autres, pour deux raisons : la construction d’un nouveau beffroi en chêne massif (support des cloches de 3m50 de hauteur sur 1m50 de largeur) et la restauration de la petite cloche qui, coulée en 1733, pèse environ 250 kilos. Sa restauration consiste à recharger ses points de frappe, c’est-à-dire les deux endroits où cogne le battant.

En effet, avec le temps le métal se creuse, la cloche se fragilise, perd de sa résonance et risque de se briser. La recharge des points de frappe permet de restituer le profil d’origine de la cloche.

Pour ce faire, elle a donc été acheminée en Alsace, dans une fonderie strasbourgeoise, sur les directives de l’entreprise Azur Carillon, mandataire de ces travaux.

Les deux autres cloches – la moyenne (350 kg – 1751) et la grande (750 kg – 1841) – n’ayant pas besoin d’être restaurées, ont été protégées et mises en sécurité le temps de la durée du chantier.

Dans quelques mois, les campanistes reviendront avec la petite cloche restaurée et du nouveau matériel : trois battants en fer forgé, trois moutons (ou jougs) en chêne massif et trois roues en acier. Sans oublier une nouvelle et indispensable installation électrique.

Les trois cloches retrouveront alors leurs emplacements originels, mais sur un beffroi flambant neuf, et pourront de nouveau résonner pour le plus grand plaisir des Mentonnais.

E. C.