Au palais de l’Europe, l’heure de la rentrée a sonné… Et plus précisément celle de la rentrée littéraire. Les 1 500 m2 de la bibliothèque municipale bruissent des dernières nouveautés.

À Menton, une chose est sûre : lire ou ne pas lire, la question ne se pose plus. Avec près de 6 000 abonnés, la bibliothèque municipale « L’Odyssée » affiche l’un des meilleurs taux d’inscription du pays : 21,4 % contre une moyenne nationale de 17,1 %.

De quoi ravir la directrice Rose-Marie Matton qui n’hésite pas à rappeler que depuis son ouverture au coeur du palais de l’Europe, il y a quatre ans, l’équipement public a accueilli plus de 400 000 lecteurs. Pour celle-ci, l’heure n’est pourtant pas à la lecture…

Mais au rangement. Après plusieurs semaines de sélection, les grandes nouveautés 2018-2019 s’apprêtent à envahir les étagères de la bibliothèque. Car si pour certains, septembre rime avec retour en classe ou au bureau ; pour Rose-Marie et son équipe, les signes avant-coureurs de l’automne évoquent surtout la rentrée littéraire.

D’août à novembre, des centaines d’ouvrages inondent en effet les têtes de gondole des librairies avec toujours en ligne de mire les prix : Renaudot, Femina, Interallié, Médicis… Ou encore le prestigieux Goncourt.

65 000 ouvrages

À partir des revues de référence comme les magazines Lire ou Livres Hebdo, le service a donc concocté sa propre liste d’ouvrages à ne rater sous aucun prétexte. En lien avec les deux principales librairies de Menton, commande a ainsi été passée de près d’une centaine de nouveaux livres.

Des romans et des documentaires qui, depuis quelques jours, ont rejoint les 65 000 œuvres d’ores et déjà présentes à « L’Odyssée » (lire ci-contre la sélection de la rentrée). Bien entendu, au hit-parade des auteurs fétiches, Guillaume Musso, Marc Lévy, Amélie Nothomb ou encore Michel Bussi tiennent la corde…

Par souci de ne pas tomber dans la facilité, dans le piège des blockbusters littéraires, les bibliothécaires s’astreignent toutefois à « apporter d’autres choses » et citent deux sorties « coups de cœur » : l’histoire d’une jeune mère, Tenir jusqu’à l’aube, de Carole Fives chez L’arbalète Gallimard et le roman initiatique d’Adeline Dieudonné, La vraie vie, chez L’iconoclaste.

Attention, engouement oblige, certaines nouveautés affichent une liste d’attente particulièrement longue.

Armez-vous donc de patience et méditez les propos de Voltaire : « Pour faire un bon livre, il faut un temps prodigieux et la patience d’un saint. »

La sélection des bibliothécaires !

Chaque année, l’équipe joue au jeu des pronostics, notamment lorsqu’il s’agit de prédire le verdict de l’académie Goncourt. En 2016, Rose-Marie Matton ne s’était pas trompée en misant sur Chanson douce de Leïla Slimani chez Gallimard. Aujourd’hui, avant de spéculer, une large sélection est encore à dévorer. Parmi elle, quelques pépites :

  •  À son image de Jérôme Ferrari (Actes Sud) : dernier roman du prix Goncourt 2012 sur fond de la guerre et réalisation de soi, une plume majestueuse.
  • Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb (Albin Michel) : après la relation mère-fille dans Frappe-toi le coeur, l’écrivaine aborde la relation père-fille.
  • Un gentleman à Moscou d’Amor Towles (Fayard) : sur la liste des best-sellers du New York Times, cette fresque romanesque « à la russe » devrait être le carton de la rentrée.
  • En nous beaucoup d’hommes respirent de Marie-Aude Murail (L’iconoclaste) : une saga familiale sur trois générations, de 1914 à 2000.
  • Chien-Loup de Serge Joncour (Flammarion) : mise en scène au coeur du triangle noir du Quercy d’un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence.
  • Swing time de Zadie Smith (Gallimard) : émotion et humour pour ce roman qui mène une réflexion sur le racisme, l’identité et la célébrité.
  • La Vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui (Gallimard) : une peinture haute en couleur et populaire de la vie quotidienne au Maroc.
  • Sadorsky et l’ange du péché de Romain Slocombe (Robert Laffont) : nouvel opus de l’inspecteur Léon Sadorski sur fond d’occupation et de collaboration.
  • Les cigognes sont immortelles d’Alain Mabanckou (Du Seuil) : quête initiatique d’un adolescent qui, entre tragédie politique et décolonisation, apprend le prix de la vie.
  • Helena de Jérémy Fel (Rivages) : un thriller psychologique impeccable aux allures de road movie. Deux documentaires sortent également du lot : Apprendre ! Les talents du cerveau de Stanislas Dehaene (Odile Jacob) et L’âge de la connaissance d’Idriss Aberkane (Robert Laffont).

PRATIQUE

Bibliothèque municipale de Menton « L’Odyssée » :
Palais de l’Europe, 8 avenue Boyer / Tél. : 04 92 41 76 60.
http://bibliotheque-menton.fr

Horaires d’ouverture :

• Mardi : 9h30-12h30 / 14h-18h
• Mercredi : 9h30-18h
• Jeudi : 14h-17h
• Vendredi : 9h30-12h30 / 14h-18h
• Samedi : 9h30-12h30 / 14h-17h

À noter : le vendredi matin durant l’année scolaire (de septembre à juin), la section « Jeunes » est réservée aux scolaires jusqu’à 11h.

J. S.