Réenchanter le vivre-ensemble, plus que jamais un devoir

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L’été est fini. Dans son sillage, que la rentrée emporte déjà, resteront bien sûr des traces de triste mémoire, à commencer par celle indélébile de l’attentat de Nice. Ou du séisme en Italie, objet d’une caricature qui a blessé nos voisins et fait honte à notre pays. À ne regarder qu’elles, on se dit que la société française perdrait là ses derniers repères, dans un contexte mondial déjà bien assez compliqué… À Menton, on voudra donc retenir d’autant plus les enseignements positifs de cet été 2016. La saison estivale plus favorable qu’ailleurs, le maintien des animations sous haute sécurité, et particulièrement le feu d’artifice du 15 août en forme d’hommage aux victimes, ont fait écho à la volonté de la population de ne pas céder à la peur. De ne pas abandonner les convictions de notre humanité, moins encore face à la barbarie. Plus près de nous, la rentrée réussie grâce à la bonne volonté de tous a démontré l’attachement des Mentonnais à une ambiance, presque un mode de vie, dont la sérénité peut aller de pair avec la sécurité mais dans la juste mesure des choses. Au fond, cela ne demande que peu d’efforts et surtout de l’envie, celle de regarder notre monde par le haut plutôt que vers le(s) bas, et de contribuer ensemble à une collectivité apaisée, consciente de ses valeurs comme de ses atouts. Tel est le sens d’un projet commun, de ville comme de société, d’une nation comme d’une identité. Tel est le devoir, que nous avons en partage : réenchanter le vivre-ensemble. C’est-à-dire penser que le meilleur reste toujours à venir, pour nous-mêmes et plus encore pour nos enfants. À méditer sur le chemin de l’école, comme une leçon de vie.