Huit agents débutent le recensement cette semaine. Avec un réel enjeu économique pour la Ville : la dotation de l’État serait beaucoup plus importante si la population dépassait les 30 000 habitants. Officiellement.

Ils seront huit. Huit agents, munis de leur carte tricolore, vont parcourir la ville du 18 janvier au 24 février afin de recenser la population mentonnaise. Sous la direction de Patrick Huyard, coordinateur communal, leur mission sera de visiter les 2 367 logements tirés au sort par l’Insee. Auparavant, les habitants de chacun de ces logements auront reçu un avis de passage dans leur boîte aux lettres.

Rappelons que répondre à ce recensement est une obligation : « Sinon, une lettre recommandée leur sera adressée. À ce propos, il est indispensable de souligner qu’un recensement clair, net, le plus précis possible est utile pour chacun des citoyens. Du nombre d’habitants dépendent les revenus que l’État versera à la ville. Pour le bien-être communal ! », argumente Patrick Huyard.

En effet, lors du dernier recensement, en 2015, l’Insee dénombrait officiellement 28 732 Mentonnais, soit en dessous de la barre symbolique des 30 000 habitants qui conditionne une dotation de l’État plus importante. Un résultat valable pour cinq années, soit autant de dotations moindres, en inadéquation avec la vision communale… Et avec la réalité ?

Près de 1 500 logements non pris en compte

Car, déjà en 2015, la Ville s’était étonnée du décalage entre les chiffres actés par l’Insee et le constat opéré sur le terrain par des agents qu’elle avait elle-même missionnés. Afin de mieux comprendre, il faut savoir que depuis 2004 l’institut national n’effectue plus un recensement complet tous les huit ans, mais une projection statistique annuelle (au même titre qu’un institut de sondage) sur la base d’un échantillon représentatif de… 8% des logements recensés dans la commune à travers le Répertoire d’immeubles localisés (RIL).

Conséquence logique de la méthode, si ce RIL n’est pas à jour, l’échantillon ne l’est pas non plus et les conséquences sur l’extrapolation, à hauteur de l’ensemble de la population, ne le sont mieux ! Une situation qui avait alors enjoint la Ville de Menton à procéder à son propre comptage pour la mise à jour de ce RIL. « Au terme de l’opération, il nous est apparu qu’il manquait près de 1 500 logements non pris en compte dans le répertoire », précise Patrick Huyard. Répertoire sur lequel se base l’Insee.

En d’autres termes, si ce supplément d’adresses bien réelles était intégré dans le calcul, on avoisinerait plutôt à Menton les 33 000 à 34 000 habitants ! Une démographie plus conforme à ce que les personnels recenseurs disent percevoir sur le terrain : « On note en effet une augmentation constante, d’année en année », poursuit le responsable, qui appelle donc au civisme pour répondre sans exception à ses agents. « L’image la plus fine possible de la population » Et d’expliquer en détail la façon dont ceux-ci vont procéder. « La ville est découpée en zones, appelées Iris. Ils prendront contact avec les habitants déterminés de chaque zone, pour remplir des fiches personnelles (il sera possible de le faire aussi par Internet, ndr), avec les syndics, les concierges. »

Enfin, un point important pour ceux attachés à la sécurité des données, les informations récoltées dans le cadre de ce recensement restent confidentielles, et sont transmises immédiatement à l’institut sans croisement avec d’autres fichiers.

Une fois la rude tâche de collecte effectuée, un long travail de saisie débutera. Avec un seul objectif, « avoir une image la plus fine possible de la population mentonnaise », conclut Patrick Huyard. Pour cela, il faudra attendre la publication des nouveaux chiffres. Dans deux ans.

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