Fondée le 17 décembre 1937 dans la salle des tribunaux, aujourd’hui salle des Mariages, l’association des pêcheurs plaisanciers participe, depuis les années 1970, aux fêtes mentonnaises en cuisinant la soupe de poisson et la soupe des « Bazaï ».

A Ciocoula est un mot mentounasc qui signifie la pirandelle. C’est un petit poisson blanc et bleu qui, de prise facile, permettait aux pêcheurs à la palangrotte de ne pas rentrer bredouilles au port.

Ce nom fut donné à l’association par un ancien. Une idée originale et judicieuse puisque depuis 80 ans, elle permet à de nombreuses personnes de connaître au moins un mot du patois local !

L’association doit sa naissance à la prud’homie des pêcheurs professionnels qui avait interdit aux amateurs le droit de pêcher à la lumière le long de la côte.

Après huit décennies, qu’en est-il exactement ? « Notre association a pour objectif de propager et d’encourager le goût de la pêche et des sports nautiques. Nous organisons douze concours de pêche en mer d’avril à octobre. Depuis les années 1970, nous cuisinons la soupe de poisson lors de la fête patronale de la Saint-Pierre et la soupe des « Bazaï », c’est-à-dire de haricots, au mois de juillet. Et je peux vous assurer que mon père Jeannot Joffrida, chef cuistot, n’avait pas son pareil pour mener la brigade des bénévoles qui l’assistait. Mais nous avons aussi le devoir de maintenir les traditions et de préserver la mémoire de cette société. Ce qui explique pourquoi nous mettons tout en œuvre pour perpétuer les valeurs chères au cœur de nos aïeuls : joie, partage et convivialité », explique Marité Simoncini, présidente depuis 2014, mais aussi fille et petite-fille de membres.

Soupe de poisson

Au début des années 1970, l’association prend ses quartiers aux Sablettes dans la voûte n°3. « Et c’est au pied des escaliers de la voûte que Jeannot a commencé à cuisiner et à servir ses premières soupes mais… dans une toute petite marmite ! Aujourd’hui, nous avons quatre grosses marmites et nous distribuons 800 litres de soupe à un millier de Mentonnais sur l’esplanade Francis-Palmero », renchérit Francesco Gonella, membre depuis 1963 et chef des marmites depuis la disparition de Jeannot.

Il faut savoir que ce breuvage est cuisiné avec la moitié des prises réalisées lors des concours. En 2017, les prises se sont élevées à 313 kg.

« Mais nous sommes loin de l’époque où l’on tirait les bateaux jusque sur le sable, là où se trouve la cale de halage. Car en ce temps-là, girelles, pajots, bonites, cavales et pirandelles affluaient tout près d’ici. Maintenant il faut sortir au large pour rapporter une prise importante », confie Francesco, un tantinet nostalgique…