La Belle et la Bête, regards fantastiques, nouvelle exposition du Bastion, présente une sélection d’œuvres de la collection autour du chef-d’œuvre de Jean Cocteau et les confronte avec les créations de quatre artistes contemporains.

Le 29 octobre 1946 sort, sur les écrans français, la Belle et la Bête de Jean Cocteau. C’est un triomphe pour le poète qui réalise ici son deuxième film. Ce chef-d’œuvre, devenu culte, est une adaptation d’un conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, rédigé en 1757. Il raconte l’histoire d’une Belle (Josette Day, alors la compagne de Marcel Pagnol qui l’imposera pour le rôle), qui doit un jour accepter de vivre dans le château d’une Bête monstrueuse (incarnée par Jean Marais) pour sauver son père.

Ici, les candélabres sont tenus par des mains vivantes, les statues à visage humain suivent des yeux les faits et gestes des personnages. La nature est omniprésente, même à l’intérieur du château. Le lierre court partout et les roses sublimes scintillent dans le jardin obscur. Pour créer cet univers fantastique, Cocteau s’inspire des lumières et des ombres des gravures de Gustave Doré et de la peinture hollandaise du XVIIe siècle.

La première partie de l’exposition, intitulée La Belle et la Bête, regards fantastiques, présente, au rez-de-chaussée, ce chef-d’œuvre du Septième Art.

Regards fantastiques

L’exposition se poursuit à l’étage supérieur avec le travail de quatre artistes contemporains qui trouve des correspondances dans le film et la poésie de Cocteau.

Katia Bourdarel s’inspire de la culture populaire et de sa propre histoire pour interroger la capacité d’émerveillement présente en chacun de nous. Ses dessins, à l’encre et à l’aquarelle, se réfèrent aux contes et nous entraînent dans les abysses de nos rêves et de nos fantasmes, voire de nos peurs.

Marie Boralevi part d’images d’inconnus collectées sur le Net et en fait, grâce à une technique complexe, des personnages hybrides grand format, des chimères androgynes entre l’humain et l’animal. À travers ces figures, à la fois amusantes et inquiétantes, elle nous parle de l’adolescence comme représentante de la condition humaine et de son désespoir sous-jacent.

Vee Speers est repérée par Karl Lagerfeld alors qu’elle expose ses premières photographies dans une petite galerie parisienne. Aujourd’hui, la photographe australienne est connue pour ses fascinants portraits où le réel et l’irréel s’équilibrent, où chaque accessoire et chaque costume sont soigneusement étudiés, dans une palette de couleur unique d’une beauté éthérée. Son œuvre est baignée par l’univers étrange du cinéma de Tim Burton et de David Lynch. La chanteuse Nolween Leroy l’a sollicitée pour la couverture d’un de ses CD.

Frédérique Nalbandian sculpte le plâtre de Paris et le savon de Marseille, dessine et imagine des installations artistiques in situ qui se modifient dans la durée et dans le temps. Les œuvres présentées sont expressément créées pour le Bastion : des roses que l’on pourrait imaginer venir du jardin de la Bête, dont cette fameuse fleur cueillie imprudemment par le père de la Belle et qui va être à l’origine d’une terrifiante et merveilleuse rencontre.

INFOS PRATIQUES

Du 6 juillet au 20 octobre Musée du Bastion, quai Napoléon III Ouvert de 10h à 18h, sauf mardi