Au terme d’une étude menée au sein de ses cantines scolaires, la Ville, soucieuse de trouver un équilibre entre la consommation des repas par les écoliers et les quantités de denrées jetées qui en résultent, propose une nouvelle composition de repas. Explications.

Lutter contre le gaspillage alimentaire, contrairement aux idées reçues, ne veut pas dire moins manger. Au contraire.

Lutter contre le gaspillage alimentaire équivaut à mieux consommer. Tout simplement. Actuellement, les repas servis dans les restaurants scolaires de la Ville de Menton proposent cinq composantes.

C’est-à-dire une entrée, un plat protidique (viande ou poisson), un accompagnement, un produit laitier et un dessert. À compter du mois de juillet, les repas servis dans les centres de loisirs et les écoles communales proposeront quatre composantes. La raison ?

Diminuer le gaspillage et avoir une offre plus cohérente avec le temps des repas et les habitudes alimentaires. « Un repas à quatre composantes entièrement consommé respecte mieux l’équilibre nutritionnel qu’un repas à cinq composantes partiellement grignoté », souligne Sylviane Royeau, conseillère municipale déléguée à l’enseignement du 1er degré.

Société Sodexo

La restauration collective de la Ville de Menton et du CCAS est confiée à la société Sodexo, délégataire de service public, chargée de concocter plus de deux mille repas par jour destinés aux élèves des écoles maternelles et élémentaires, aux enfants des centres de loisirs, aux tout-petits des structures de la petite enfance, au personnel encadrant ainsi qu’aux personnes qui bénéficient du portage à domicile.

La société, venant de remporter le dernier appel d’offres lancé par la Ville, assurera donc les repas pour les cinq années à venir. Ce contrat 2019-2023 comprend la mise en place de ces nouveaux menus dans la restauration scolaire. Lesquels sont étudiés et planifiés d’un commun accord entre la Ville et la Sodexo.

Une restauration responsable

Cette décision de passer de cinq à quatre composantes est une décision commune à de nombreuses villes françaises. « La raison en est simple, explique Stéphane Vives, directeur de la cuisine centrale de Menton. Le cinquième composant n’est pas supprimé, mais intégré dans un plat. Le fromage par exemple peut être introduit en accompagnement dans un gratin ou inséré dans une assiette de crudités. En fait, passer de cinq à quatre composantes ne réduit que de 3 % le grammage d’un repas. En revanche, cette nouvelle composition permettra de diminuer le gaspillage alimentaire qui, actuellement, tourne autour de 25 % pour un repas. »

Ainsi, outre une meilleure consommation de l’enfant, cette décision permet à la Ville et à la Sodexo d’éduquer chaque futur citoyen à l’environnement.

Comment ? Grâce à la mise en place, dès la rentrée, de tables de tri de déchets avec pesée intégrée. Soit une « poubelle-balance » pour suivre le gaspillage en temps réel !

Un « gachimètre » sera également installé dans chaque office, un totem représentant un animal qui, selon le poids des déchets de la journée, enflera ou dégonflera.

Toutes ces actions viendront s’ajouter à celles déjà menées actuellement : la présence d’un produit BIO à chaque repas ainsi que le tri sélectif effectué par chaque enfant à la fin de son repas.

LE PRIX D’UN REPAS

Pour les familles mentonnaises, en fonction de leurs revenus, il existe 4 tarifs compris entre 2€20 et 4€10. Pour les familles résidant à l’extérieur de la commune, le tarif est de 6€25.

À noter que pour la Ville, le coût d’un repas revient à 10€85.

MENU À 4 COMPOSANTES : LA QUALITÉ DANS L’ASSIETTE

  • Crudités : fraîches 100 %.
  • Viandes : fraîches 90 %. Surgelées 10 % : bœuf origine France, 100 % race bouchère, agriculture raisonnée. Veau de l’Aveyron, IGP 80 %, agriculture raisonnée. Porc origine France, 100 % frais. Volaille Label Rouge origine France.
  • Poissons : 70 % de poissons MSC (label de pêche durable). Surgelés 100 %.
  • Légumes d’accompagnement : 60 % frais.
  • Riz : origine IGP Camargue.
  • Légumes : locaux ou origine France de saison, issus à 80 % de l’agriculture raisonnée.
  • Fromages : certifiés AOP 30 %.
  • Pâtisseries : « fait maison » 70 %.
  • Produits BIO : plus de 40 %.