Penser. Réfléchir. Débattre. Autant de verbes difficiles à conjuguer au présent tant notre société, en perpétuel mouvement, en totale mutation, se projette inexorablement vers le futur. Cette soif inextinguible de progrès techniques, de prouesses numériques, coupe malheureusement notre faim de savoir, emportée dans le tourbillon de la vie moderne. Nos cerveaux sont désormais conditionnés, nos opinions sacrifiées sur l’autel des sacro-saints réseaux sociaux ou des chaînes d’information continue.

Et c’est certainement là que réside le secret de la réussite des Colloques de Menton : ils offrent une pause salvatrice, une parenthèse enchantée, presque un voyage en terre inconnue au sein d’une civilisation qui, pourtant, est bien la nôtre… Mais nous n’en avons, hélas, même plus conscience.

Depuis 1999, et la mise en place de ce rendez-vous par le Maire Jean-Claude Guibal, octobre est ainsi devenu le mois de la pensée. De la réflexion. Des débats. Des échanges. Lors des Colloques, protégé du flux continu, du matraquage auquel il est soumis, le citoyen « lambda », pour se forger son opinion, peut également interroger les intervenants. Un moment rare, privilégié… et savouré.

Et les chiffres confortent eux aussi les lettres de noblesse de cette rencontre philosophique vraiment pas comme les autres… Des milliers de spectateurs, une centaine de thèmes abordés, des dizaines de têtes d’affiche, d’intellectuels qui ont guidé, parfois, éclairé, souvent, les gens présents dans les gradins du Palais de l’Europe. Alors, peut-être, un jour, faudra-til débattre sur ce thème pour aller plus loin encore : quelles sont les vraies raisons du succès populaire des Colloques ?