Citron de Menton
Citron IGP - La Casetta

La commission européenne du 14 août a levé l’interdiction de circulation de végétaux de la Corse vers le continent. Les 1 500 plants commandés en 2018 vont être prochainement livrés sur le sol mentonnais.

Initiée par Jean-Claude Guibal, Maire de Menton et président de la Communauté de la Riviera française (CARF), l’Association pour la promotion du citron de Menton (APCM) a été créée en 2004. Son objectif ? Obtenir le label Indication géographique protégée (IGP) pour le citron de Menton et relancer la filière agrumicole.
Aujourd’hui, elle comprend 80 adhérents dont 42 producteurs habilités et son territoire est constitué des cinq communes du pays mentonnais : Menton, Roquebrune-Cap-Martin, Castellar, Sainte-Agnès et Gorbio.

Depuis 2015, date de l’obtention du label, 40 hectares de terrain ont ainsi été protégés et 2 650 arbres produisent du citron de Menton. Soit une production d’environ 40 à 50 tonnes par an, la récolte annuelle d’un citronnier adulte tournant autour de 80 kg. Cette production est actuellement insuffisante pour faire face à la demande qui émane du monde entier.

Deux ans d’attente

Pour augmenter la production annuelle, la plantation de plusieurs milliers de citronniers s’avère nécessaire ; sachant qu’un arbre met environ sept ans à produire correctement. Pour ce faire, le cahier des charges IGP est très strict : la traçabilité des plants doit être inscrite depuis le porte-greffe jusqu’au greffon de citronnier. D’où les 1 500 plants de citrus commandés en 2018 à un pépiniériste

corse agréé, qui travaille en partenariat avec l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE – anciennement INRA).

Or, sitôt la commande passée, les directives européennes ont placé la Corse en zone d’enrayement dans sa totalité vis-à-vis de la Xylella fastidiosa souche multiplex. Cette disposition, impliquant l’interdiction de tous les mouvements de végétaux de la Corse vers l’Union européenne, a donc interrompu le programme de réimplantation de citronniers.

La commission européenne du 14 août dernier ayant levé cette interdiction, les 1 500 plants de citrus vont pouvoir être livrés sur le territoire mentonnais au cours du 4e trimestre ; la livraison s’effectuera aux serres municipales aménagées par le service des Parcs et jardins et l’APCM se chargera de la distribution auprès des producteurs habilités et propriétaires fonciers en attente de citronniers.

Repérage de terrains

Augmenter la production annuelle signifie également rechercher de nouvelles terres agricoles. Depuis l’an dernier, l’APCM, le service des Archives municipales de Menton et la classe de CM2 de l’école de l’Hôtel de Ville travaillent au repérage d’anciens vergers à partir des cadastres du XIXe siècle. L’objectif est de repérer les points d’eau, les terres agrumicoles, celles dédiées aux oliviers et aux vignes.

Grâce à ces recherches, les anciennes terres agrumicoles (aujourd’hui à l’abandon ou susceptibles d’être vendues) sont étudiées par l’APCM, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) et la CARF.

Dans le cadre de sa compétence Agriculture identitaire, la communauté d’agglomération a en effet sollicité l’aide du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) en 2018 pour le projet « Préservation et valorisation du foncier agricole sur le territoire de l’IGP du citron de Menton ».

Des travaux d’étude, d’animation foncière et de remise en état de parcelles privées et communales ont d’ores et déjà été entrepris.

Société coopérative

Par ailleurs, un projet est actuellement en cours d’étude entre la CARF et l’APCM. Il s’agit de mettre en place une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) regroupant producteurs, organisations professionnelles, partenaires associatifs et collectivités locales autour d’un même objectif : l’accompagnement de tous les producteurs, quelle que soit leur production, pour une montée en puissance de la filière du citron de Menton.

Ce projet s’articule autour de cinq pôles d’activités (station de conditionnement, activité commerciale, pépinière, laboratoire de transformation et point de vente directe) qui seraient regroupés dans un même lieu pour créer un pôle commercial du citron et des produits du terroir. L’implantation de la SCIC dans la zone industrielle de Menton, accessible aux camions et proche de l’A8, offrirait un lieu central pour les agrumiculteurs et pratique pour les consommateurs.

Quant aux enjeux de ce projet, ils sont à la fois d’ordre économique (professionnaliser la filière), social (générer des emplois) et environnemental (diminuer l’impact carbone grâce au regroupement).