Créée au début du siècle, l’Association pour la promotion du citron de Menton a obtenu le label Indication géographique protégée en 2015. Aujourd’hui, elle s’attelle à relancer la filière de ce produit de luxe et envisage de créer une coopérative pour la pérenniser. Explications.

Pour bien comprendre l’histoire du citron de Menton, il nous faut revenir au XVIe siècle, à l’époque où la culture des agrumes s’implante au sein de la petite bourgade. Quelques décennies plus tard, le territoire mentonnais devient le centre économique de la Principauté.

Jusqu’au XIXe siècle, l’agrumiculture mentonnaise demeure la première vague économique de la commune avant de céder sa place au tourisme.

Au siècle dernier, quelques agriculteurs produisent encore. Hélas ! Le gel de 1956, le mal secco (maladie mortelle des agrumes) et la pression immobilière finissent par mettre un terme à cette filière agrumicole.

En 1992, à l’initiative du Maire Jean- Claude Guibal, la Ville de Menton encourage la plantation d’agrumes en octroyant des aides financières aux agrumiculteurs. Puis en 2004 est créée l’Association pour la promotion du citron de Menton (APCM) qui obtient le fameux label Indication géographique protégée (IGP) en 2015. Les dés sont jetés. L’histoire est de nouveau en marche.

Aujourd’hui, en 2018, l’APCM propose un plan d’actions sur trois ans pour relancer et pérenniser la filière qui a permis à la petite bourgade de se faire un nom : « Menton pays des fruits d’or ».

Un plan d’actions

« Relancer cette filière est loin d’être une stupidité puisque le point charnière est bel et bien l’IGP. Au-delà du citron, ce produit de luxe justifie pleinement de réinvestir dans l’agrumiculture. Vous rendez-vous compte qu’en tant que particulier ou professionnel, le fait d’adhérer à l’association et de choisir l’habilitation IGP donne droit à un produit labellisé, un service marketing et un débouché loin d’être assouvi ? », déclare Jean-Philippe Laurès, président de l’APCM depuis le mois d’octobre. Mais pour la relancer il faut un programme qui tienne la route.

Un programme qui permette d’augmenter la production annuelle IGP afin de satisfaire une clientèle locale, nationale et internationale de plus en plus nombreuse. Un programme qui puisse être viable pour le producteur car une exploitation de 100 à 150 arbres n’inclut aucune rémunération.

Pour avoir un salaire il faut compter sur 200 à 250 arbres. D’où la mise en place d’un plan d’actions sur trois ans avec la participation de la Ville de Menton afin de passer de 2 000 arbres labellisés IGP à 15 000 et de passer ainsi de 40 tonnes annuelles à 600 tonnes.

Plan d’actions qui se décline en cinq grandes étapes : augmenter le nombre de citronniers, recenser les arbres et vergers existants, installer des ruches sur les terrains, former du personnel et créer une coopérative pour simplifier la vie des producteurs et celle des clients.

L’APCM

Née sous l’impulsion de Jean-Claude Guibal, l’Association pour la promotion du citron de Menton a pour objectif la protection et la labellisation du citron de Menton.

Elle est de ce fait l’Organisme de gestion (ODG) habilité à gérer toutes les démarches concernant la filière agrumicole IGP. Depuis sa création, ce groupement concerne les producteurs des cinq communes du pays mentonnais : Menton, Roquebrune, Sainte-Agnès, Gorbio et Castellar.

À l’heure actuelle sur ses 60 adhérents (producteurs, transformateurs et propriétaires fonciers de terres cultivables), seuls 18 producteurs ont demandé l’habilitation IGP (plusieurs dossiers sont en cours de traitement). Ce qui constitue environ 30 hectares de vergers certifiés, c’est-à-dire 2 000 arbres dont 900 ont été réintroduits entre 2015 et 2017. Et si au total il existe sur l’ensemble du bassin un potentiel annuel de 140 à 160 tonnes de citron, l’APCM estime la production sous IGP aux alentours de 30 %.

Le citron IGP

Le célèbre fruit d’or est constitué de cinq variétés différentes qui forment le label IGP : Eureka, Adamo, Cerza, Santa Teresa et la variété dénommée localement Menton. Il est cultivé sur des vergers communaux et des terrains privés situés sur les cinq communes du pays mentonnais. Très parfumé, il est récolté à la main et ne subit aucun traitement chimique ni enrobé d’aucune cire. Il n’est encore qu’un citron de pays lors de sa récolte. Il ne sera réellement déclaré IGP qu’après avoir été trié en trois catégories (Extra, catégorie 1 et 2), calibré et déposé dans une caisse par les employés de l’Établissement et service d’aide par le travail (ÉSAT) de Menton. Lequel est actuellement la seule station de conditionnement officielle.

Pour dire les choses simplement, un citron cultivé localement ne peut être vendu que sous l’appellation citron de pays. Pour qu’il soit vendu en tant que citron de Menton IGP, il faut que le producteur soit habilité par l’APCM et que l’agrume ait été déclaré IGP par la station de conditionnement.

En ce sens, les fruits déclarés déclassés par la station ne peuvent être vendus que sous l’appellation citron de pays.

APCM
38 rue Henry Gréville
04 93 57 01 08
info@lecitrondementon.fr
www.lecitrondementon.fr

HABILITATION IGP INFOS PRATIQUES

  • Avoir un terrain
  • Adhérer à l’APCM (cotisation annuelle 40 €)
  • Faire analyser le sol (coût 91,80 €)
  • Faire recenser les arbres
  • Remplir le cahier administratif