« Aime la vie, aime »

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« C’ quoi la vie – chienne de vie – c’est pas une vie – la vie n’a pas de prix ». Ces mots de blanc, d’or et de rouge, ornent sur une toile azurée l’entrée de l’hôpital Pasteur 2. On les doit à l’artiste Ben. Au lendemain de l’attaque terroriste à Nice, qui a fait au moins 84 morts et des blessés par centaines, ils revêtent une signification particulière. Après ce nouvel attentat, un de plus, les mêmes images nous saisissent. Celles de Charlie Hebdo, du Bataclan et des cafés parisiens qui ressurgissent. Et les mêmes questions qui nous hantent. Les Mentonnais solidaires de leurs voisins et amis ont multiplié les hommages. Sur les réseaux sociaux, leurs mots de soutien font écho à la douleur. À la colère aussi. Partout la même émotion. Elle est d’autant plus grande que l’horreur s’est jouée chez nous. Sur la « Prom’ », notre « Prom’ », puisque avant d’être celle des anglais elle rassemble niçois, azuréens, français et étrangers. C’est là, un soir de fête, que des centaines d’innocents ont été tués ou meurtris à jamais. Comme d’autres avant eux à la terrasse d’un café. Parmi les 84 victimes – à ce jour – et les blessés, de nombreux enfants. Le plus jeune n’avait pas un an. Insupportable. En regardant ce ciel de la baie des (petits) Anges, qu’ils se faisaient un bonheur d’admirer et qu’ils ont désormais rejoint, on se dit que la vie est injuste. Et pourtant elle doit continuer. Pour que la barbarie ne gagne pas. Pour garder la mémoire de ceux qui sont partis. « Aime la vie, aime… » chantait Fugain. Il a raison. Même si elle nous afflige, seule la vie sait nous faire rêver. Vibrer. Rire. Aimer. Rien que pour cela, et même si c’est pas une vie, la vie n’a pas de prix.