Menton s’apprête à vivre un des événements majeurs de son riche calendrier culturel : son rendez-vous musical de l’été avec les plus grands interprètes du moment.

Du 27 juillet, avec le traditionnel concert de préouverture, au 11 août, les plus grands virtuoses et les jeunes talents de la musique se produiront dans différents lieux de la ville dont le parvis de la basilique Saint-Michel Archange et le musée Jean Cocteau.

Une naissance de légende

Dans les années 1950, Jean Cocteau écrivait: « Il n’existe nulle part ailleurs lieu plus dépaysé, plus insolite, plus suspendu dans le vide que ce festival de Menton. Il charme tous les orchestres du monde ».

Le festival était encore tout jeune, né le 12 août 1949, du coup de foudre d’un journaliste hongrois,André Böröcz, pour le charme baroque et envoûtant de la Vieille-ville.

Une naissance dans un moment de grâce : la musique de Bach s’échappant d’une fenêtre ouverte et sublimant les pierres et les ocres du parvis Saint-Michel fit pressentir à Böröcz qu’ici les instruments résonneraient mieux que partout ailleurs.

Le Festival de Menton a aujourd’hui 69 ans. Il est l’un des plus anciens de France et l’un des plus prestigieux d’Europe.

Les grands interprètes

Le contre-ténor Philippe Jaroussky, la soprano Emöke Baràth et l’Ensemble Artaserse ouvriront le festival le 28 juillet.

Suivront le pianiste Bertrand Chamayou (30 juillet), Christophe Rousset et les Talents Lyriques(31 juillet), le duo violoncelle piano Daniel Müller-Schott Nicholas Angelich (2 août), le pianiste Piotr Anderszewski (3 août), le duo violon piano Janine Jansen et Alexander Gavrylyuk (4 août).

Le Trio Yaron Herman proposera une parenthèse jazz (6 août) avant le retour à la musique classique avec la grande violoniste Isabelle Faust et ses amis (8 août), la légendaire pianiste Élisabeth Leonskaja et le quatuor Signum (10 août).

Le pianiste Lars Vogt et le Royal Northern Sinfonia clôtureront cette programmation somptueuse avec le dernier opus de l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven, le concerto n°5 dit l’Empereur (11 août)

Concerts au musée

Depuis quelques années déjà, le musée Cocteau associe la peinture à la musique en présentant une série de concerts (29 et 31 juillet, 1er, 3, 4, 5, 7, 8 et 10 août).

Les pianistes Jean Fréderic Neuburger, Vikingur Olasson,le violoncelliste Alexander Chaushian, le quatuor Takàcs… sont quelques-uns des nombreux artistes au programme.

Un événement dans toute la ville

Le Off proposera 3 concerts gratuits sur l’esplanade Francis-Palmero (27 juillet, 1er et 9 août) et des moments musicaux au square des États-Unis. Ainsi que des flashmobs, des expositions, des ateliers, des visites guidées, des conférences et un jeu pour smartphone.

Sans oublier la messe du festival qui sera célébrée en la basilique Saint-Michel Archange, le dimanche 5 août à 11h.

La sélection de la rédaction

Philippe Jaroussky, un des plus grands contre-ténors d’aujourd’hui, se produira pour la première fois sur le parvis accompagné par la soprano Emöke Baràth et l’ensemble Artaserse dans un programme baroque consacré aux airs et duos du compositeur Haendel.

Cette année, le violon féminin sera mis à l’honneur avec le retour de Janine Jansen et la venue d’Isabelle Faust,deux virtuoses que les grandes scènes internationales se disputent.

Le Yaron Herman Trio rompra la tonalité classique du festival avec un concert de jazz « New Standards ». Des années que le jazz n’avait pas enchanté les auditeurs du parvis.

Interview « VOYAGE SONORE »

Depuis 6 ans, le chef d’orchestre Paul-Emmanuel Thomas dirige demain de maître la programmation du Festival de musique de Menton.

Quels sont les ingrédients de base du Festival de musique de Menton ?

Paul-Emmanuel Thomas : « C’est une recette alchimique qui exige de la magie, des interprètes de haut niveau et des choix de programme…Le festival s’est construit à partir de plusieurs autres ingrédients. Le premier, c’est le lieu, le parvis de la basilique Saint-Michel Archange :un site magique, un décor naturel d’opéra. Le deuxième, c’est l’excellence,un très haut niveau d’exigence artistique. Le troisième, c’est l’artiste et sa proximité avec le public. Le dernier ingrédient enfin, c’est l’authenticité.Dans un univers musical qui a tendance à être de plus en plus industriel, le Festival de Menton a toujours souhaité garder quelque chose de profondément authentique,d’artisanal dans le bon sens du terme. »

Quels sont les apports 2018 à la traditionnelle recette du festival ?

P.-E. Thomas : « Un festival comme celui de Menton ne doit pas être la répétition, chaque année, des mêmes projets, des mêmes interprètes et des mêmes œuvres. Cela doit être un feu d’artifice sans cesse renouvelé: le même bouquet final n’aurait aucun intérêt sinon. Chaque année,notre idée est donc d’avoir un certain nombre de projets complètement nouveaux. Pour cette édition, nous avons deux opéras baroques : Didonet Enée de Purcell, ainsi qu’Actéonde Charpentier. J’aime en effet avoir un programme très éclectique, avec des saveurs multiples, du baroque au jazz comme cette année. Faire découvrir est quelque chose de très important. Dans ces découvertes,j’ai voulu qu’il y ait également un cycle autour du violon féminin avec notamment deux grandes violonistes: Janine Jansen et Isabelle Faust. Isabelle Faust dont ce sera la première venue à Menton… Car avec également Philippe Jaroussky, Bertrand Chamayou et Daniel Müller Schott…,c’est notre souhait, ici, de multiplier les premières fois. Des artistes qui connaissent le festival, sa programmation, mais qui n’ont jamais vécu l’expérience de se retrouver surla scène mythique de notre festival. »

Pourquoi les artistes tombent-ils amoureux de notre festival ?

P.-E. Thomas : « Au risque de me répéter, la magie du site opère énormément. En découvrant le parvis, avec la vue sur la mer, sur l’Italie, la première chose que font les artistes, c’est de pousser un “wouah” d’émerveillement… À Menton, nous avons le goût du partage ; nous voulons que l’artiste comme le public, après le voyage sonore qu’ils viennent de vivre, repartent de chaque concert transformés. Modestement, certes,mais assurément. »

Infos / Billetterie : www.festival-musique-menton.fr